12/08/2012

14 On m'a dit


L'image est celle du grand sprinter Usain Bolt, qui a remporté dernièrement trois médailles d'o raux Jeux Olympiques de Londres en 2012, faisant de lui la star incontestée de ces J.O., en plein effort sur la piste, les deux pieds décollant du sol et portant les désormais célèbres couleurs de la Jamaïque, le jaune pour le maillot et le vert pour le short. Cette photographie du grand champion et recordman du monde sur 100 mètres, 200 mètres et du relai 4x100 Usain Bolt illustre le poème "On m'a dit" d'un autre champion dans son domaine et tout aussi célèbre, le grand poète Le Marginal Magnifique. Dans ce poème il est question de morale, de toutes ces choses que l'on s'entend dire lorsque l'on est enfant. Chaque strophe débute ainsi par les mots "On m'a dit" en une sorte de litanie qui mime la répétition de ces paroles moralisatrices que l'on entend au cours de notre vie. Le Marginal Magnifique, loin d'approuver ces paroles consensuelles, les tourne en dérision en montrant qu'elles ne contribuent pas au bonheur, qu'elle n'exprime nullement l'essence de la vie, tout au plus l'essence d'une société aseptisé, castratrice et créatrice de robots formatés, ce qui est complètement différent. Une de ces vérités que la morale n'apprend pas et qui semble chère au poète est tout simplement que la vie est très courte et qu'il faut en profiter sans se soucier justement de la morale. Le Marginal Magnifique exprime cela en une image saisissante disant que la vie court plus vite qu'Usain Bolt sur cent mètres et qu'il faut la saisir par le maillot, ce qui n'est pas chose aisée, mais qu'il faut s'efforcer de faire.


On m'a dit
Ne mets pas tes doigts dans la bouche
J'ai gardé mes mains et ongles très propres

On m'a dit
Fais bien tes devoirs
J'ai travaillé sérieusement à l'école

On m'a dit
Ne sois pas orgueilleux
J'ai cultivé l'humilité comme une vertu cardinale

On m'a dit
L'instruction est une arme
J'ai placé la culture au panthéon de mes préoccupations

On m'a dit
Respecte les gens
J'ai toujours été poli et gentil avec autrui

On m'a dit
Trouve un emploi stable
J'ai sué sang et eau pour devenir fonctionnaire

On m'a dit
Sois quelqu'un de bien
Je me suis efforcé de concilier noblesse et dignité

On m'a dit
Sois toujours mesuré
J'ai fui tous les excès comme la peste

On m'a dit
Marche droit
J'ai suivi le chemin tracé sans dévier d'un millimètre

Au final je me retrouve le bec dans l'eau
J'ai pourtant fait
Tout ce qu'on m'a dit

Ce qu'on ne m'avait pas dit
C'est qu'il faut saisir la vie par le maillot et l'embrasser très fort
Car elle court plus vite qu'Usain Bolt sur cent mètres


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14 commentaires:

  1. Ecouter son coeur,est sans doute le meilleur conseil,suivre le chemin qu'il propose est sans doute la garantie de ne point se perdre,
    salut à toi et bon dimanche.

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    1. Bonjour,

      Suivre ses aspirations, écouter ses envies tout en conciliant les contraintes, certainement le meilleur chemin vers le bonheur. L'unique peut-être ? En tout cas la voie de l'épanouissement personnel...

      Bonne soirée.

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  2. Décidément, cher Marginal, vous avez le chic pour coller à l'actualité ! Mais au-delà du clin d'œil à Usain Bolt, ce poème, que je soupçonne avoir été écrit bien avant les JO, exprime de manière très éloquente et pathétique toutes les désillusions de la vie. Il faut dire que depuis une dizaine d'années la jeunesse n'a pas été gâtée, et qu'il vaut mieux de nos jours être lofteur que bon élève, mais nous entrons là dans des considérations qui n'ont pas leur place sur ce site.

    Quoi qu'il en soit, le droit chemin reste toujours préférable selon moi, car comme dit la Bible : "Si le juste reçoit ici-bas son salaire, combien plus le méchant et le pécheur" ! ("Proverbes", 11, 31).

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    1. Hé cher Laconique, comme vous dites je surfe sur l'actualité !

      Bolt est la méga-star des J.O., j'aime les exploits sportifs et l'athlétisme est l'un des rares sports que je ne me lasse pas de regarder, surtout dans le cadre des jeux, qui conservent leur magie, contrairement à un Roland Garros par exemple, peut-être à cause de leur fréquence moindre.

      Vos soupçons sont fondés, mais vous avez surtout l'oeil, car, étant l'un de mes plus fervents fans, ce poème vous est certainement familier. Mettre Bolt à l'honneur, même s'il n'a pas besoin qu'un Marginal le fasse, semble en tout cas logique en ces circonstances !

      Toutefois, il est évident que le sujet du poème n'est pas le sprinter jamaïquain détenteurs de multiples records, mais ce que vous exprimez si bien dans votre commentaire. Le poème dénonce aussi la morale imposée par la société qui n'est pas forcément gage de bonheur.

      A bientôt.

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  3. Bonjour
    Fais pas ci, fais pas ça ou plutôt fais ci, fait ça, je sais où ça m'a mené à tenir un balai. Pas de déshonneur, juste une prise de conscience qui me dit que si j'avais écouté une petite voix, je serais aujourd'hui sur un autre chemin.
    A bientôt

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    1. Toujours des discours culpabilisants pour nous tenir en laisse, nous empêcher de nous épanouir... Mais rien n'est jamais perdu, même si c'est difficile de sortir de la voie dans laquelle on est enfermé.

      Bonne journée, à bientôt.

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  4. Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite. Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite. Il va filer.

    Si tu veux le rattraper, cours-y vite, cours-y vite. Si tu veux le rattraper, cours-y vite. Il va filer.

    Dans l’ache et le serpolet, cours-y vite, cours-y vite, dans l’ache et le serpolet, cours-y vite. Il va filer.

    Sur les cornes du bélier, cours-y vite, cours-y vite, sur les cornes du bélier, cours-y vite. Il va filer.

    Sur le flot du sourcelet, cours-y vite, cours-y vite, sur le flot du sourcelet, cours-y vite. Il va filer.

    De pommier en cerisier, cours-y vite, cours-y vite, de pommier en cerisier, cours-y vite. Il va filer.

    Saute par-dessus la haie, cours-y vite, cours-y vite. Saute par-dessus la haie, cours-y vite ! Il a filé !

    Paul Fort n'avait il pas raison...
    A bientôt

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    1. J'aime beaucoup Paul Fort pour sa simplicité, son authenticité et l'émotion qu'il procure. Donc merci pour ce poème :-).

      En plus, c'est un visionnaire : un siècle avant il faisait déjà allusion à cette émission de télé réalité qui permet à des agriculteurs chauds comme la braise de trouver l'âme soeur ! ;-)

      Bonne journée, à bientôt.

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  5. J´aime beaucoup le final de ton poème : oui la Vie nous glisse, nous file entre les doigts et la Société, dans son incohérence, nous impose tant de contraintes qu´il nous reste peu de temps pour profiter concrètement de la Vie...à moins que tu ne profites de chacune des contraintes de la Société! :-)
    Ceci dit, beaucoup sont ceux qui au fil du temps prennent conscience qu´il ne faut pas prendre au pied de la lettre toutes les remarques de la Société: c´est un peut comme à l´école, le professeur exige beaucoup pour obtenir un peu...mais si tu fais partie de ceux qui obéissent au doigt et à l´oeil...tu seras le dindon de la farce (à l´école, au service militaire, au bureau...) à moins que de faire ce qui plait aux autres soit ce qui te plais à toi même :-)
    Bon après midi, bisous Ismeralda

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    1. C'est ça : au final, la société nous rend-elle vraiment heureux, si c'est son objectif premier, ne l'a-t-elle pas perdu de vue ? On peut se poser la question...

      De même qu'à l'école, nous enseigne-t-on le bonheur et que "la vie file entre les doigts" ? Peut-être oublie-t-on de nous enseigner l'essentiel...

      Merci pour ton commentaire, à bientôt et bonne soirée !

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  6. C'est très juste et va droit à l'essentiel , ça donne à réfléchir. Bonne nuit.

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    1. "Bonne nuit" ? Tu te couches déjà, toi ? Pour ma part je refuse de me comporter comme le "Toutou de ces dames"...

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  7. Dans la réussite de la vie, rien n'est laissé au hasard comme on pourrait le croire . .Toutes nos actions passées aboutissent à ce que nous sommes, comme disait un de mes professeurs de français la chance n'existe pas. Nous avons ce que nous méritons . sI nous ne sommes pas parvenus à la perfection dans l'exercice de nos fonctions, nous sommes seuls responsables de la situation, nous n'avons pas mis l'énergie nécessaire pour réussir pleinement.ou bien le métier que nous avons choisi ne correspondait pas à notre personnalité, à nos qualités.Avant de choisir un chemin, il faut étudier le pour et le contre disait-elle, elle avait sans doute raison, mais dans sa façon de voir il n'y avait pas place au rêve.!!

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    1. Effectivement, cette façon de voir les choses est très rationnelle.

      Comme tu l'expliques, on est bien souvent responsable de ce qui nous arrive : c'est d'ailleurs plus sain d'envisager la notion de destin ainsi, cela donne une impression de contrôle et nous évite de subir passivement. Et, d'après moi, ce qu'on appelle la chance serait plutôt la faculté de mettre de son côté le maximum de paramètres déterminants et de savoir saisir les opportunités le moment venu.

      Mais il y a tant d'éléments à prendre compte, c'est sans doute plus compliqué que cela et fait entrer en jeu des facteurs rationnels certes, comme le déterminisme social, mais aussi d'autres plus métaphysiques et même spirituels (y a t-t-il un être supérieur pour présider à notre destinée ?).

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