01/05/2016

4 Le décadent

 
Cette image est une image tres simple (au premier abord) dont l'unique couleur est le noir et qui porte quelques inscriptions blanches. En son centre, on peut voir les desormais trois celebres lettres et initiales emblematiques du Marginal Magnifique, LMM, mises en valeur au milieu d'un cadre plus clair, en degrade de noir, qui leur est dedie. Toutefois, ces lettres presentent une particularite par rapport a d'habitude : on remarque que la deuxième lettre, le M, subit une legere inflexion verticale vers la bas, sur la gauche, mouvement qui se poursuit en s'accentuant avec la troisieme lettre, le deuxieme M dont la deuxieme barre s'etire jusqu'au cadre fin et blanc qui delimite la surface au ton degarde. Les lettres LMM du Marginal Magnifique semblent ainsi litteralement fondre, ou etre sibitement frappees de deliquescence. Sous le cardre qui met a l'honneur ces lettres deformees, on peut lire, en majuscules, l'inscription "FUCK IT" et en dessous, comme pour l'expliciter, la mention "I'm to lazy to find a good picture". Cette information qui legende l'image nous invite a comprendre que si celle-ci est n'en contient pas c'est parce que son auteur, en l'occurrence Le Marginal Magnifique, est trop faineant pour chercher une image adequate pour illustrer son nouveau poeme intitule "Le decadent". Cependant, cette image, et c'est la que se revele toute sa malice, se contredit elle-meme puisque son choix illustre parfaitement ce genial nouveau poeme, image qui n'est du coup pas sans rappele le celebre tableau "Ceci n'est pas une pipe" de Rene Magritte pour sa dimension metadiscursive. En effet, dans ce poeme, Le Marginal Magnifique explique que son sens de l'esthetisme, son raffinement, son individualisme, son refus d'obeir, son desir d'ideal et d'infini remplaçant celui des produits de consommation, conduisent inevitablement au chaos et a l'aneantissement de la civilisation, ou, plus precisement, a ce que les sociologues appellent "anomie", c'est-a-dire l'emergeance d'une société dont les normes réglant la conduite de l'humain et assurant l'ordre social apparaissent inefficientes. En ce sens, Le Marginal Magnifique est ce "décadent" du titre, bien que ce mot renvoie davantage a l'histoire litteraire et au decadentisme qu'au sens qu'on lui prete actuellement, comme le montre la comparaison que Le Marginal Magnifique fait de lui-meme avec le celebre personnage Des Esseintes du roman A rebours de Joris-Karl Huysmans paru en 1884. Le logo du Marginal Magnifique au centre de l'image qui apparaît si simple au premier abord,, ce LMM deliquescent, sous-titre d'un commentaire revelant le manque de courage du Marginal Magnifique, revele donc, avec un peu d'analyse, toute sa finesse et son intelligence ! Encore un immense poeme du Marginal Magnifique, qui manie autoderision, profondeur philosophique, analyse sociale en quatre strophes parfaitement rythmees et decoupees !


Je suis une fin de civilisation à moi tout seul
Encore jeune mais des désirs valétudinaires
Je refuse à tout prix d'être un valet ordinaire

Je suis une fin de civilisation à moi tout seul
Je ne veux ni la carrière ni le pognon de Pitt
Et c'est pas demain la veille que je me brade

Je suis une fin de civilisation à moi tout seul
Me demander d'arrêter de faire cavalier seul
Autant espérer fourrer une reine le vier sale

Je suis une fin de civilisation à moi tout seul
Décadent à la Des Esseintes en plus effronté
Je ricanerai lorsque le système va s'effondrer


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