26/06/2016

34 Le titan titubant

  
Cette image aux coloris chauds, principalement rouges, montre une espece de colosse portant sur ses epaules une sphere dont on ne distingue que le bas. Le colosse ploie sous la charge et a mis un genou a terre. Toute la surface de son corps est parcourue d'innombrables petits ruisseaux oranges, que l'on dirait de lave. Ces multiples petits sillons liquides donnent l'impression que le geant se fissure litteralement, renforçant l'impression que la charge est trop lourde pour lui, qu'il souffre et qu'il ne tardera pas a s'effondrer. Le geant prend appui sur un rocher. L'arriere-plan est constitue de constellations et de planetes. On aura reconnu en ce geant au lourd et inconfortable labeur le Titan Atlas, qui apres la revolte victorieuse des dieux de l'Olympe contre les Titans, en une longue guerre aux multiples rebondissements appelee la Titanomachie, fut condamne par Zeus a soutenir eternellement la voute celeste sur ses epaules. Cette image superbe illustre le tout nouveau poeme du poete immense Le Marginal Magnifique, qui, en un ego trip aux jeux de mots saisissants dont il a le secret, se raconte, lui et son destin de poete. Le parallele est fait avec Atlas car il se sent trop faible pour soutenir sur ses epaules, lui qui est sensible, toutes les inepties et cruautes du monde. Le poeme porte donc le titre evocateur de "Le Titan titubant". Encore un immense poeme qui asseoit LMM comme grand poete de son epoque, dont le nom sera retenu par les generations futures !


Je n'ai pas la candeur du géant Atlas
Pour soutenir sur mes épaules lasses
Les ignominies sépulcrales d'ici-bas
Dur monde à faire chialer les anges
Je ne peux relever seul le challenge

Bien trop vieux pour être angoissé
On me dit parfois que je suis blasé
Mais en fait personne ne me cerne
Mises à part mes nuits d'insomnie
Et si toutes mes larmes sont taries
Mon âme est très loin d'être trahie

Je ne suis qu'un pauvre littérateur
En vrai une espèce de Littré raté
Je ne verse pas dans la concession
Plutôt des larmes de sang à foison
Mon verbe est triste les mots filent
Je pratique une poésie d'hémophile


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34 commentaires:

  1. Ah non, je ne suis pas d'accord avec cet autoportrait,certains termes ne peuvent aucunement te correspondre:"vieux, blasé , raté"c'est de la science fiction.

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    1. Je fais genre, mais tu me connais trop en fait !

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  2. D'accord pour "titan" mais "titubant" non. Tu joues admirablement avec les mots, les expressions et tes grandes connaissances culturelles. Mais ta lucidité et ton humour sont ta force, de même que ton auto-dérision. Tes poèmes sont plus dans l'introspection que dans l'introversion.et sont un regard sans concessions sur notre époque. Dans l'apparent négativisme de celui-ci, il y a de la psychologie positive car la connaissance de soi pousse à aller au-delà pour se sentir mieux en travaillant son expérience. Enfin, comme tu peux le lire, ton poème m'a bien inspirée pour sa spiritualité entière et amusante.

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    1. Oui, tu vois clair dans mon jeu, l'autodérision est bien présente ! Et si je pose toujours un regard un peu mélancolique sur le monde, tu as aussi compris que je ne chante pas le désespoir.

      Merci pour ton commentaire.

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  3. J'ajoute : Un auto-portrait qui a de la gueule!

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  4. Eh ! cher Marginal, vous nous revenez avec un « ego trip » noir et ciselé pour votre « dernier poème de la saison ». « Le Titan titubant », c’est ce qu’on appelle une allitération je crois. Un peu comme « Villa Vortex » ou « Satellite Sisters », deux romans de Maurice G. Dantec, dont on vient d’apprendre le décès. Je n’ai jamais pu lire un de ses livres, trop avant-gardistes pour moi, mais je reconnais que c’était un écrivain authentique, vraiment brillant, original, et il avait eu l’élégance de répondre à une de mes questions sur son site. RIP, comme on dit sur la toile.

    Sinon, j’ai bien aimé ce poème, plus que la newsletter, que, pour une fois, je me permettrai de critiquer un peu, la trouvant un peu longue, à côté du sujet. Le poème lui est taillé au cordeau, avec une illustration particulièrement soignée, et des notices explicatives très bien tournées sur des personnages hauts en couleur (il a une bonne bouille ce Littré, on sent la joie de vivre débordante). (Sinon, je vous crois plus proche d’Héliogabale que de Kant ; du coup j’espère que vous ne finirez pas comme lui, écharpé par la foule et jeté dans le Tibre.)

    Le poème illustre la lutte entre le génie tourmenté (vous voyez comme je vous flatte, cher Marginal) et le monde sans pitié, thème mallarméen au possible, un peu comme dans La flamme. Le poète lacéré et écorché par sa propre lucidité. Ah putain ! cher Marginal, vous allez m’inspirer de la compassion, vous êtes le Christ de la poésie, le Nelson Mandela du slam, vous versez votre sang pour nous, pour nous divertir et nous élever ! C’est un bon poème pour finir la saison en beauté, mais j’espère quand même que vous nous fournirez un petit poème sympa le mois prochain pour l’été, genre Bel été ou Dolce vita. Pour parler un peu votre langage, le sang c’est bien, mais le sperme c’est mieux !

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    1. Ah, cher Laconique, vous me gâtez avec un long commentaire ! Je constate que vous êtes sur tous les fronts et que rien n'échappe à votre regard acéré, même pas l'actualité la plus récente. Je viens moi aussi d'apprendre avec surprise la disparition de Dantec. Je l'aimais bien celui-là, avec sa personnalité authentique et réactionnaire, au moins un qui ne pratiquait pas la langue de bois. Je me demande comment il a pu tirer sa révérence si jeune... Il fumait, OK, mais une crise cardiaque à cinquante-sept ans, ça reste relativement rare. Allez savoir quel mode de vie il menait ! Certainement moins sage que celui du puissant Laconique qui prône un idéal de vie noble sur son fameux et maintenant réputé Goût des lettres, par exemple dans son dernier billet. Sinon, oui, je me suis adonné à jouer avec les sons en pratiquant une allitération dans le titre, il paraît que ce genre de truc se fait en poésie.

      Vous avez l'œil, cher Laconique, et le bon ! J'avoue que lors de la rédaction de la newsletter, je me sentais moins inspiré que d'habitude, j'avais l'impression de me forcer et de me caricaturer moi-même, un peu comme Tarantino lorsqu'il réalise des films maintenant. Comme quoi, on ne peut pas tricher, ça se sent ! Du coup, moi aussi je trouve cette dernière newsletter un peu lourde et sans doute trop longue, oui. C'est une de mes résolutions de faire plus court dorénavant, mais comme c'était sans doute la dernière de la saison 2015-2016, j'ai voulu envoyer du contenu.

      Je vous remercie pour les compliments au sujet du poème. À mon avis, un texte qui cite Kant ne peut que vous plaire, à vous l'intellectuel champion de l'ascétisme. Quant à ce salopard d'Héliogabale, au risque de vous décevoir, je suis loin d'atteindre les sommets de stupre qu'il a gravis à force de persévérance. Je suis un très petit jouisseur, cher Laconique ! Puis il y a un terrain sur lequel je ne pourrai jamais rivaliser avec l'empereur, même si je fournis beaucoup d'efforts : moi, les anus masculins, ça me dit trop rien...

      Et, en effet, les thèmes abordés dans ce poème sont des classiques en poésie. On pourrait aussi rapprocher ma façon de me dépeindre avec autodérision dans les deux premiers vers de la dernière strophe à celle, peu tendre envers lui-même, que Tristan Corbière met en œuvre dans ses cyniques "Amours jaunes".

      Bon, sinon, concernant ma production estivale en stand-by, on verra ; comme je le mentionnais dans la newsletter, peut-être que j'enverrai quelque chose cet été, mais je le ferai uniquement si la muse me taraude autant que mes hormones et si l'envie est présente. Et pour ce qui est de votre dernière phrase je vous en laisse l'entière responsabilité, le Kant bien planqué qui sommeille en moi se désolidarise complètement. Insinuez-vous donc que l'été se caractérise par des flots de sperme ? Ah, cher Laconique, dans ce cas, si je suis en pause, j'espère que vous prendrez le relais pour envoyer la purée sur Le Goût des lettres ! Je remarque que ce haut lieu de la culture virtuelle contient des commentaires de plus en plus grivois, encouragés que sont vos fidèles lecteurs par votre approbation joyeuse.

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  5. Trop bonne l'illustration. Je vous comprends bien et je vous trouve courageux de vous mettre en scène. Le monde c'est pas de la tarte aux chamallows. L'indigestion guette. Faut se réguler mi ceci mi cela, pour rester stable.C'est comme pour le sport, il faut s'entrainer.

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    1. Le monde est parfois de la tarte aux poils, heureusement !

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  6. Quand on a quelque chose à dire il faut l'ouvrir sa gueule et grande avec ça. Je me gêne pas. C'est fort comme poème, à part Atlas, je connaissais pas les autres. Un salut.

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    1. Content de t'avoir appris deux ou trois trucs, le boss. À bientôt.

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  7. Quand il perce sa marge en titane
    Et livre faiblesses de son Elagabal
    Loin de l’orgueil des lettres charlatanes
    Le Marginal Magnifique nous trimbale
    Dans son empire poétique hors d’âge

    El papet

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  8. Un pote poète28 juin 2016 à 20:20

    Quand le poète a du vague à l'âme
    La poésie se ressent de ce mal
    Entre dérangeant doute et belle certitude
    Son inspiration va et titube
    D'idéal, le poète est toujours en quête
    Mais le monde est loin d'être à la fête
    L'oeil qu'on jette tout autour
    Sur les épaules pèse bien lourd
    Tout cela donne Sieur Le Marginal
    Un titan titubant qui n'est pas banal.

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    1. Merci pour ta toujours très sympa contribution, mon pote poète !

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  9. Où est donc passé mon mot... suis peut-être censurée ? :)

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    1. "Censurée" ? Jamais ! Peut-être que t'as fait une fausse manipulation, ça arrive et c'est frustrant !

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  10. Je vais faire un voeu égoïste : que ton hémophilie poétique ne guérisse trop vite... :)
    Le titre m'amuse, tes mots sont touchants, bravo !!
    Bonne soirée. Bises M&M's :)

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    1. Merci, apparemment tu es gourmande et aimes les M&M's ! À bientôt.

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  11. Mais Maître n'êtes-vous le héros des mots,reprenez conscience de votre science,ne bridez ce pouvoir de poser vérité sur ce monde et ses êtres empêtrés en leur paraître,oeuvrez Maître,oui oeuvrez encore,oeuvrez toujours,désignez nos vices,éveillez ainsi notre amour,dites-nous que nous pouvons jouir mais que nous ne devons ignorer notre éternel plaisir,oui Maître soyez notre guide,vous en vrai notre frère tout aussi en quête de bonheur pour son coeur.

    Très bonne soirée à toi Le Marginal.

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    1. Hum, "héros des mots", ça me plait et me sied bien je trouve ! Mais en terme de guide le meilleur c'est Le Chasseur d'images spirituelles !

      Très bonne soirée à toi aussi.

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  12. Impossible de ne pas être sensible à tout ce qui se passe et de ne pas chanceler sous le poids de la connerie humaine mais pour ne pas chuter faut cultiver sa joie de vivre comme un précieux capital. En vacances pour 3 semaines c'est ce que je vais faire. Faut savoir être égoîste. Un cordial salut et bonnes vacances.

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    1. Être en vacances n'est pas se montrer égoïste, c'est juste une question de survie ! qui n'empêche malheureusement pas le "Burnes out"...

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  13. Le soleil de l'été éclaire les pensées sombres et j'espère que le titan en profitera à fond. Pour le burnes out on connait tous mais au placard pendant les vacances. Salut et sourires ensoleillés malgré ce beau poème tourmenté.

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  14. Etre idéaliste aujourd'hui tient du challenge. Ce n'est pas de tout repos par rapport au contexte, à l'ombre de la collapsologie qui plane sur notre civilisation, à l'ambiance morose de la société avec abus et saletés de toutes sortes. Votre poème désabusé le clame avec force et je vous ai bien compris. Moi je suis un idéaliste lucide qui souffre mais suis heureux d'être sensible, fier de mes valeurs et de tracer mon chemin et moi aussi "mon âme est loin d'être trahie" comme vous l'écrivez si bien. La fibre idéaliste est protectrice d'une personnalité affirmée et je l'entretiens, bouclier fragile contre la pollution environnante et elle a été votre muse pour ce poème qui a bien inspiré mon commentaire. Une bonne soirée.

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    1. Salut l'Idéaliste, toujours un plaisir de vous lire, d'autant qu'aujourd'hui, grâce à vous, je découvre ce terme de "collapsologie", qui pourrait bien reparaître ici au détour d'un poème !

      Oui, on s'est compris, mieux vaut être sensible et lucide et souffrir en conséquence que dur et faire bêtement l'autruche.

      Idéalistes forever !

      Bonne soirée.

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  15. Fais gaffe poète, trop de sensibilité et de lucidité écorchent le moral Fais comme moi je suis en vacances et je vais me choyer et profiter de mes tunes durement gagnées. Ton poème et sa superbe illustration me parlent, suis pas dans le déni mais j'aime pas me faire du mal à trop réfléchir. Bonnes vacances à toi le Titan non titubant.

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    1. Parfois il faut en effet savoir mettre le cerveau en veille et ne pas se poser trop de questions. C'est salutaire ! Bonnes vacances à toi, mon Julot, à bientôt.

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  16. Aux jours d'aujourd'hui nous avons tous des ras le bol, des raisons d'être choqués, blessés, agressés car on sait tout par les médias et il s'en passe! Votre auto-portrait est tout à fait d'actualité car c'est vrai le monde est dur, on finit par s'endurcir et heureusement. Mais j'ai reconnu dans votre poème mes moments de doute, de révolte et de poids d'une époque ou trop de faits blessent. Bonne nuit.

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    1. Adrieeeeeeeeeeeeeeeennnnnnnnn (sur un air de Rocky) ! Il ne nous reste qu'à boxer avec les mots pour lutter contre les "faits" qui "blessent".

      Bonne nuit.

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  17. Le Marginal serait-il en vacances ?,
    à bientôt de tes nouveaux mots !!.

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    1. Toujours plus ou moins en vacances ! C'est une question d'état d'esprit... Mais c'est vrai qu'en ce moment, saison aidant, encore plus que d'habitude.

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